ALGER — Un peu plus d'un an après sa réélection à la présidence de la République avec un score officiel de 94,65 % des suffrages, Abdelmadjid Tebboune inscrit son second mandat dans la continuité de son premier. Le président algérien, dont la victoire avait été proclamée en septembre 2024 sur fond de taux de participation officiel de 48,03 %, a orienté les douze premiers mois de son nouveau quinquennat autour de trois priorités affichées : consolidation budgétaire, diversification de l'appareil productif et repositionnement diplomatique régional.
Une trajectoire macroéconomique tenue par la rente
Le gouvernement met en avant la croissance hors hydrocarbures, estimée autour de 4 % en 2025, et un excédent commercial soutenu par la remontée des exportations gazières vers l'Europe. Les recettes tirées des livraisons à l'Italie, à l'Espagne et, depuis l'été 2026, à l'Allemagne, permettent au Trésor de financer une politique de subventions étendue, tout en poursuivant une hausse graduelle des salaires de la fonction publique amorcée dès 2023.
Les réserves de change se maintiennent au-dessus de 70 milliards de dollars selon la Banque d'Algérie, ce qui laisse au pouvoir exécutif une marge de manœuvre confortable pour absorber les chocs extérieurs. La dette publique reste contenue et l'inflation, portée en 2023 à près de 10 %, s'est repliée vers 4 % sur un an au printemps 2026, selon les données de l'Office national des statistiques.
Un espace politique toujours contraint
Sur le plan politique, le bilan est plus disputé. Amnesty International et le Comité national pour la libération des détenus continuent de dénoncer des poursuites contre des militants associés au Hirak, mouvement de contestation qui avait précédé la démission d'Abdelaziz Bouteflika en 2019. Plusieurs journalistes indépendants demeurent poursuivis en vertu des articles réprimant la « diffusion de fausses nouvelles » ou l'« atteinte à l'unité nationale ».
Le pouvoir répond en invoquant la nécessité de protéger la stabilité intérieure dans un environnement régional volatil, marqué par la crise malienne, la reconfiguration libyenne et les tensions ouvertes avec Rabat. Le référentiel officiel reste celui de « l'Algérie nouvelle », slogan lancé après le référendum constitutionnel de 2020.
Le chantier institutionnel de mars 2026
La révision constitutionnelle promulguée le 26 mars 2026 sous forme de loi n° 26-04 a été présentée par la présidence comme un ajustement « technique » destiné à clarifier certaines procédures parlementaires, à préciser le rôle de la Cour constitutionnelle et à consolider l'autorité indépendante de surveillance des élections. L'opposition, elle, y voit un rééquilibrage discret des rapports entre le chef de l'État et les chambres parlementaires.
Un mandat qui se joue sur l'exécution
La deuxième année, qui s'ouvre à l'automne, sera scrutée sur trois dossiers concrets : la mise en œuvre de la nouvelle loi sur l'investissement, l'accélération des chantiers d'infrastructures gazières et l'articulation avec la nouvelle Assemblée populaire nationale issue du scrutin du 2 juillet 2026, largement dominée par les partis de l'ancienne alliance présidentielle. Le second mandat de M. Tebboune se jouera moins sur les grandes annonces que sur la capacité de l'appareil administratif à traduire ces réformes en effets tangibles pour les ménages.
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