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Fiche pratique

Reconnaissance de paternite pour enfant ne hors mariage en Algerie

Le droit algerien encadre strictement la reconnaissance des enfants naturels. Voici les voies possibles : reconnaissance volontaire, action en recherche de paternite et test ADN autorise depuis 2005.

Famille En Algérie À jour
●●●●● Très complexe 8 a 18 mois 50 000 a 200 000 DA (test ADN et avocat inclus) 3 vues Modifiée il y a 3 semaines
En résumé

Ce que vous devez savoir

Le droit algerien encadre strictement la reconnaissance des enfants naturels. Voici les voies possibles : reconnaissance volontaire, action en recherche de paternite et test ADN autorise depuis 2005.

Délai
8 a 18 mois
Coût
50 000 a 200 000 DA (test ADN et avocat inclus)
Étapes
7
Documents
12
Pas-à-pas

Les étapes une par une

Suivez ce parcours dans l'ordre. Chaque étape valide la suivante.

  1. Consulter un avocat inscrit au barreau algérien et choisir la voie procédurale

    Deux voies existent selon le Code de la famille (Loi 84-11) : la reconnaissance amiable par acte notarié (Iqrar bi nasab, art. 44) si le père reconnaît spontanément l'enfant sans contestation, ou l'action en recherche de paternité devant le tribunal section affaires familiales (art. 40 al. 2) si contestation ou preuve à rapporter. L'avocat évaluera la vraisemblance de la filiation et l'absence d'empêchement légal (mariage exclusif de la mère à l'époque de la conception).
    Astuce : Choisir un avocat spécialisé en droit de la famille dans la wilaya de naissance ou de résidence habituelle du père - les tarifs varient fortement entre Alger et les wilayas de l'intérieur.
    Durée estimée : 1 à 2 mois
  2. Constituer et légaliser le dossier depuis la France

    Rassembler acte de naissance intégral de l'enfant, pièces d'identité du père (CNIBE, passeport algérien), certificat de nationalité, fiche familiale. Faire traduire par un traducteur agréé auprès de la Cour d'appel (liste CESEDA) et légaliser en chaîne : mairie du lieu de délivrance, bureau des légalisations du MEAE (rue de la Convention, Paris 15e), puis consulat d'Algérie du ressort. L'apostille La Haye n'est PAS applicable (Algérie non-signataire).
    Astuce : Établir en même temps une procuration authentique (Wakala mouwathaqa) au consulat pour mandater l'avocat - cela évite un déplacement pour le simple dépôt de requête.
    Durée estimée : 1 à 3 mois
  3. Déposer la requête au tribunal - section affaires familiales

    L'avocat dépose la requête introductive d'instance au greffe du tribunal (Mahkama) du lieu de naissance de l'enfant ou du domicile du défendeur (art. 423 CPCA). La requête doit exposer les faits, la vraisemblance de la filiation et les demandes (établissement de la filiation, changement de nom patronymique de l'enfant, transcription). Un timbre fiscal de 2 000 DZD est apposé.
    Astuce : Demander dès la requête l'expertise génétique (test ADN) pour éviter un renvoi ultérieur qui rallongerait la procédure de 3 à 6 mois.
    Durée estimée : 1 semaine pour le dépôt, puis 2 à 4 mois pour la première audience
  4. Comparaître aux audiences et se soumettre au test ADN si ordonné

    Le juge peut ordonner une expertise génétique (art. 40 al. 2 modifié par Ord. 05-02 de 2005) réalisée par un laboratoire agréé (INCC de Ben Aknoun, ou labos privés certifiés). Les prélèvements se font en présence d'un huissier. La comparution personnelle du père peut être ordonnée : dans ce cas, se rendre en Algérie muni du passeport. Le tribunal entend également la mère et éventuels témoins.
    Astuce : Conserver toutes les preuves matérielles (correspondances, transferts d'argent, photos) - elles renforcent la vraisemblance même quand un test ADN est ordonné.
    Durée estimée : 3 à 12 mois
  5. Obtenir le jugement et attendre le délai d'appel

    Le jugement est rendu après délibéré (Moudawala). S'il fait droit à la demande, il établit la filiation, ordonne l'inscription au registre d'état civil et peut autoriser le changement de nom de l'enfant. Le délai d'appel est de 30 jours à compter de la signification (art. 336 CPCA). Une fois définitif, l'avocat récupère la grosse (copie exécutoire) revêtue de la formule exécutoire.
    Astuce : Vérifier que le jugement mentionne expressément la transcription sur les registres d'état civil de la commune de naissance - à défaut, prévoir une requête complémentaire.
    Durée estimée : 1 à 3 mois après le délibéré
  6. Transcrire le jugement à l'état civil algérien (APCE)

    Déposer la grosse du jugement définitif au bureau d'état civil de l'APCE (Assemblée Populaire Communale) du lieu de naissance en Algérie, ou à celui de la commune de rattachement des parents. L'officier d'état civil procède à la transcription en marge de l'acte de naissance existant, ou établit un nouvel acte. Récupérer ensuite plusieurs copies intégrales du 12S (extrait d'acte de naissance).
    Astuce : Demander au moins 5 copies intégrales du nouvel acte de naissance - elles seront nécessaires pour la CNIBE, le passeport, la carte consulaire et les démarches successorales.
    Durée estimée : 1 à 3 mois
  7. Transcrire au consulat d'Algérie en France et faire enregistrer côté français

    Déposer le jugement transcrit au consulat d'Algérie compétent (12 consulats en France) pour mise à jour du registre consulaire. Parallèlement, l'enfant né en France doit voir sa filiation reconnue côté français : soit par reconnaissance à la mairie (art. 316 Code civil), soit par exequatur du jugement algérien devant le TGI si contestation. Demander ensuite CNIBE et passeport algérien pour l'enfant.
    Astuce : L'exequatur du jugement algérien en France coûte 400 à 1 500 € d'avocat mais évite les incohérences d'état civil qui bloqueront plus tard les successions et la nationalité.
    Durée estimée : 2 à 4 mois

Un cadre juridique restrictif

En droit algerien, la filiation legitime decoule uniquement du mariage. La reconnaissance d'un enfant ne hors mariage n'est possible que dans des cas precis, car l'islam et le Code de la famille (article 40) protegent en priorite la filiation legitime. La reforme de 2005 a toutefois introduit deux ouvertures majeures.

Voies legales de reconnaissance

  • Reconnaissance volontaire devant l'officier d'etat civil ou par acte notarie
  • Action en recherche de paternite devant le tribunal (article 40 alinea 2)
  • Preuve par ADN ordonnee par le juge (autorisee depuis la reforme de 2005)
  • Mariage subsequent des parents qui legitime automatiquement l'enfant

Procedure devant le tribunal

  1. Depot de la requete au tribunal du lieu de residence de l'enfant ou du pere presume
  2. Constitution du dossier (temoignages, preuves de vie commune, correspondances)
  3. Demande d'expertise ADN aupres du laboratoire de police scientifique d'Alger ou Constantine
  4. Audience contradictoire avec confrontation des parties
  5. Jugement etablissant ou refusant la filiation
  6. Transcription sur le registre d'etat civil

Effets juridiques

Une fois reconnu, l'enfant beneficie du nom du pere, du droit a la pension alimentaire, du droit de visite et surtout du droit successoral. Il obtient egalement la nationalite algerienne par filiation paternelle.

Cas des binationaux

Pour un pere de ton pays souhaitant reconnaitre son enfant ne en Algerie, la procedure peut se faire :

  • Devant l'officier d'etat civil algerien (avec transcription au consulat de France)
  • Directement au consulat de France a Alger, Oran ou Annaba
  • Devant un notaire de ton pays avec envoi de l'acte au SCEC de Nantes

Attention aux prescriptions

L'action doit etre intentee avant les 18 ans de l'enfant. Passe ce delai, seul l'enfant lui-meme peut agir dans les deux annees suivant sa majorite.

Budget

Coûts détaillés

Poste Montant
Timbre fiscal pour requête introductive d'instance (tribunal section affaires familiales) Obligatoire
Article 5 du Code du timbre algérien - dépôt au greffe du tribunal du lieu de naissance ou de résidence
2 000,00 DZD
Honoraires avocat inscrit au barreau algérien Obligatoire
Fourchette 50 000 à 150 000 DZD selon complexité et wilaya (Alger/Oran plus cher). Représentation obligatoire au-delà d'un seuil
80 000,00 DZD
Test ADN (analyse génétique judiciaire ordonnée par le juge) (optionnel)
Fourchette 40 000 à 90 000 DZD - réalisé par laboratoire agréé (INCC Alger ou labos privés certifiés). Ordonné si contestation ou aveu incertain
60 000,00 DZD
Acte de reconnaissance notarié (Iqrar bi nasab) (optionnel)
Alternative à la voie judiciaire si l'enfant est mineur et si aucune contestation - honoraires notaire selon tarif national
5 000,00 DZD
Transcription de jugement au consulat d'Algérie en France Obligatoire
Droits de chancellerie pour transcription du jugement algérien sur registre consulaire - permet délivrance acte de naissance algérien mentionnant la filiation paternelle
30,00
Légalisation et traduction (si acte français à produire en Algérie) Obligatoire
Apostille impossible (Algérie non signataire de La Haye 1961) - légalisation en chaîne : mairie, MEAE puis consulat d'Algérie. Traducteur agréé obligatoire
80,00
Copie intégrale acte de naissance algérien (12S ou S12) Obligatoire
Délivré par APCE du lieu de naissance en Algérie ou par consulat pour naissances enregistrées à l'étranger
200,00 DZD
Total estimé (par devise) 147 200,00 DZD
110,00
À qui s'adresser

Contacts utiles

Consulat Général d'Algérie à Paris

Transcription des jugements et actes d'état civil algériens

+33 1 45 74 19 00 Site officiel
11 rue d'Argentine, 75116 Paris

Ministère de la Justice algérien - Direction des Affaires Civiles

Supervision des procédures de reconnaissance de filiation devant les tribunaux algériens

+213 21 92 39 39 Site officiel
8 Place Bir Hakem, El Biar, Alger

Ministère des Affaires Étrangères algérien - Direction des Affaires Consulaires

Coordination du réseau consulaire et légalisation des actes

+213 21 50 43 00 Site officiel
Palais des Affaires Étrangères, El Mouradia, Alger

APCE - Assemblée Populaire Communale (état civil)

Inscription et transcription sur le registre d'état civil du lieu de naissance en Algérie

Bureau du Notaire (Moutawathiq) - Chambre Nationale des Notaires

Rédaction de l'acte de reconnaissance (Iqrar bi nasab) et actes patrimoniaux (succession, donation)

Liens officiels

Sources et références

FAQ

Questions fréquentes

Le Code de la famille algérien (Loi 84-11 modifiée par l'ordonnance 05-02 du 27/02/2005) ne reconnaît la filiation paternelle légitime que par le mariage (article 40). Toutefois, l'article 40 alinéa 2 permet la filiation par reconnaissance (Iqrar bi nasab) prévue à l'article 44, à condition que la paternité soit vraisemblable et qu'aucun mariage antérieur ne l'exclue. Depuis 2005, le juge peut recourir aux méthodes scientifiques (test ADN) pour établir la filiation.
Non, il n'est pas systématique. L'article 40 alinéa 2 (modifié en 2005) autorise le juge à ordonner un test ADN en cas de doute ou de contestation. Si le père reconnaît volontairement l'enfant par Iqrar devant notaire ou juge, sans contestation de la mère ou d'un tiers, le test n'est pas exigé. En pratique, les tribunaux le réclament dans la majorité des cas contentieux pour sécuriser le jugement.
Oui. Selon le Code de la nationalité algérienne (Ord. 70-86 modifiée par la Loi 05-01 du 27/02/2005), est algérien l'enfant né d'un père algérien (article 6) ou d'une mère algérienne (article 6 bis depuis 2005). Une fois la filiation paternelle établie par jugement définitif et transcrite au registre d'état civil algérien, l'enfant peut obtenir la CNIBE et le passeport algérien.
Oui, une fois la filiation légalement établie et transcrite. L'article 126 du Code de la famille consacre la vocation successorale des enfants dont la filiation est prouvée. Attention : les règles successorales du droit musulman s'appliquent (parts fixées selon le rang - fils, fille, etc.). Il est recommandé de faire enregistrer le jugement auprès d'un notaire (Moutawathiq) pour toute succession future.
Partiellement. Un père résidant en France peut établir une procuration authentique (Wakala) au consulat d'Algérie compétent (Paris, Bobigny, Créteil, Lille, Lyon, Marseille, Nanterre, Nantes, Pontoise, Saint-Étienne, Strasbourg, Vitry) pour mandater un avocat en Algérie. La comparution personnelle peut néanmoins être exigée par le juge, notamment pour le prélèvement ADN. Le jugement devra ensuite être transcrit au consulat.
Compter 12 à 24 mois en moyenne : 6 à 18 mois pour obtenir le jugement (dépôt requête, audiences, éventuel test ADN, délibéré), 1 à 2 mois pour le délai d'appel (30 jours à compter de la signification), puis 2 à 4 mois pour la transcription à l'APCE en Algérie et au consulat en France. Les délais varient selon la juridiction (Alger, Oran, Constantine plus rapides que les wilayas rurales).

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