ALGER / PARIS — Longtemps limitée à huit sièges à l'Assemblée populaire nationale (APN), la représentation parlementaire de la diaspora algérienne a été portée à douze sièges pour les législatives du 2 juillet 2026. Le décret exécutif n° 26-165 du 3 mai 2026 a réorganisé la carte électorale des Algériens établis à l'étranger autour de huit zones géographiques.
La zone France concentre la moitié des sièges
La zone France, qui regroupe la communauté algérienne la plus nombreuse à l'étranger, se voit attribuer six des douze sièges, soit la moitié de la représentation diasporique. Cette proportion reflète le poids démographique de la communauté algérienne en France, estimée entre 4 et 4,7 millions de personnes en incluant les binationaux et les descendants, selon les sources associatives.
Les six autres sièges se répartissent entre les zones Europe (hors France), Amérique du Nord, monde arabe, Afrique subsaharienne et Asie-Océanie, avec un découpage revu pour tenir compte de la croissance des communautés au Canada, en Espagne et dans le Golfe.
Une participation historiquement basse
Malgré l'élargissement du nombre de sièges, le scrutin dans la diaspora a été marqué par une abstention massive : 10,75 % de participation selon le décompte provisoire publié par l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) le 6 juillet, contre 21,24 % sur le territoire national. Ce chiffre, l'un des plus bas jamais enregistrés, alimente le débat sur les modalités d'implication politique de la communauté établie à l'étranger.
Une répartition partisane conforme à la tendance nationale
Les résultats définitifs donnent cinq sièges au Front de libération nationale (FLN), deux au Rassemblement national démocratique (RND) et deux au Front El Moustakbal parmi les élus de la diaspora. Le reste se répartit entre indépendants et petites formations. Cette configuration reproduit, à l'échelle de l'étranger, la reconfiguration observée au niveau national, sans qu'aucun parti spécifiquement porté par les enjeux de l'émigration ne parvienne à percer.
Un dispositif logistique inédit
Pour organiser le scrutin, 168 bureaux de vote ont été ouverts dans les consulats et ambassades. En France, les principales villes de résidence de la communauté (Paris, Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg) ont chacune concentré plusieurs sites de vote. Le vote par procuration a été strictement encadré, sur fond de contestations récurrentes au sein d'une partie de la communauté quant à la sincérité des opérations.
Un mandat sous scrutin
La montée du nombre de sièges attribués à la diaspora, si elle traduit une reconnaissance politique, ne se traduit pas mécaniquement par une influence législative accrue. Les douze députés issus de l'étranger devront composer avec un rapport de force largement dominé par les partis de la coalition présidentielle. Leur capacité à peser sur des dossiers spécifiques — accord de 1968, transferts financiers, services consulaires, protection sociale — sera scrutée dès l'automne, à l'occasion de l'examen du projet de loi de finances 2027.
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