ALGER — Le Front de libération nationale (FLN) a remporté les élections législatives du 2 juillet 2026 en devenant la première force politique de la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN). Sur les 407 sièges renouvelés pour un mandat de cinq ans, le FLN en obtient 90, devant le Rassemblement national démocratique (RND) avec 73 sièges, le Front El Moustakbal avec 59 sièges et le Mouvement de la société pour la paix (MSP) avec 43 sièges.

Un scrutin marqué par une abstention historique

Le taux de participation, arrêté par l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), s'établit à 21,24 % sur le territoire national et 10,75 % dans la diaspora, soit le plus faible taux enregistré depuis l'indépendance pour un scrutin législatif. Ce chiffre contraste avec les 23 % de la précédente législative de 2021 et alimente le débat récurrent sur la représentativité des institutions élues.

L'ANIE avait déployé un dispositif logistique décrit comme exceptionnel : plus de 61 000 bureaux de vote, dont 168 à l'étranger, encadrés par des milliers d'observateurs nationaux. Trente-quatre partis politiques ont concouru, aux côtés d'un nombre en recul de listes indépendantes.

Répartition détaillée des sièges

Au-delà des quatre premières formations, le mouvement El-Bina obtient 38 sièges, les indépendants 32, Sawt Echaab 17 et le Front des forces socialistes (FFS) 12. Le reste se répartit entre partis mineurs. Cinq des douze sièges réservés à la communauté nationale établie à l'étranger reviennent au FLN, deux au RND et deux au Front El Moustakbal.

Une continuité politique lisible

Le retour du FLN en tête, plus de six décennies après sa domination absolue post-indépendance, s'inscrit dans une reconfiguration continue : le parti historique reste l'ossature d'une majorité présidentielle élargie, qui inclut désormais durablement le RND et le Front El Moustakbal. Ce triptyque disposera de la majorité qualifiée nécessaire à l'adoption des budgets, des projets de loi organiques et à la ratification de la révision constitutionnelle de mars 2026.

Une opposition parlementaire résiduelle

L'opposition institutionnelle est réduite. Le FFS, plus vieux parti d'opposition du pays, retrouve la représentation nationale avec douze sièges après plusieurs cycles marqués par le boycott. Le MSP conserve un socle d'environ quarante députés, majoritairement dans les grandes wilayas de l'Ouest et du Centre.

Une législature sous surveillance

La faiblesse de la participation, la marginalisation des candidatures indépendantes et la concentration des sièges entre quelques formations proches du pouvoir dessinent une APN peu conflictuelle. Les analystes cités par la presse algérienne y voient à la fois la conséquence d'un désengagement civique profond et d'un cadre électoral qui pèse mécaniquement en faveur des partis structurés. La nouvelle chambre entrera en fonction avant la fin du mois de juillet, avec pour premier chantier l'examen du projet de loi de finances 2027.

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