Le toit du Hoggar, 2 728 mètres de basalte noir face au soleil qui se lève. La nuit gèle, le vent hurle, puis d'un coup tout s'embrase. Le désert vertical, celui que Foucauld n'a jamais quitté.
Charles de Foucauld installe son ermitage ici en 1911, dans une masure de pierres sèches, pour être « au bout du monde ». Il y écrira : « Adorer, se taire, aimer ». Deux ans plus tard, il redescend à Tamanrasset où il sera tué en 1916. Autour, le plateau volcanique du Hoggar, culminant à l'Assekrem, dresse ses dykes de basalte comme des cathédrales. Les Touaregs Kel Ahaggar l'appellent « la fin du monde ».Monte la veille, dors dans le refuge (couvertures obligatoires, il gèle même en été). Réveil à 4h30 dans le noir, marche 20 minutes jusqu'au sommet à la frontale. Assieds-toi contre une pierre, attends. Quand le soleil frappe les aiguilles de basalte, le monde entier vire au rouge sang, puis à l'or. Personne ne parle. Redescente, thé touareg brûlant, silence encore. Tu ne l'oublieras pas.