Dans un pli de la Petite Kabylie, une eau turquoise qui tombe en gradins dans un cirque de figuiers. On y monte pieds nus, on écoute la mousse, on ne parle presque pas. Un secret que les Bejaouis gardent.
Kefrida coule dans la vallée de la Soummam, à une heure de Béjaïa, entre Kabylie maritime et forêts de chêne-liège. Le nom viendrait du berbère « eau froide » — et à main plongée dedans, on comprend vite. Personne n'a écrit de grande phrase sur Kefrida : c'est un lieu de villageois, de goûter d'été, de fiançailles discrètes sous les figuiers. Mouloud Feraoun aurait aimé, lui qui disait la Kabylie « faite de pierres, d'eau et de patience ».Monte au matin, avant les familles du dimanche : la lumière traverse les feuilles et pose des taches vertes sur l'eau turquoise. Trempe les pieds au premier bassin (l'eau coupe le souffle), assieds-toi sur un rocher moussu, écoute les oiseaux. Au retour, arrête-toi à Taskriout ou Souk El Tenine pour un tadjine kabyle aux fèves fraîches et un petit-lait battu au bois.