Quatre-vingts kilomètres de route qui serpente entre falaises rouges et mer émeraude — la plus belle corniche de Méditerranée, disait Fromentin. En chemin, les grottes où l’eau devient d’encre.
Fromentin, le peintre orientaliste qui traversa l’Algérie en 1853, écrivait dans Une année dans le Sahel : « Il y a sur cette côte une lumière que je n’ai vue nulle part ailleurs, dense comme du miel. » La corniche jijelienne, taillée dans le grès rouge par les Ponts et Chaussées en 1860, déroule ses lacets entre El Aouana et Ziama. Les Grottes merveilleuses, découvertes en 1917, plongent trente mètres sous la mer.Pars tôt d’El Aouana, descends à chaque petite crique — Andreas, Kotama, Aïn Nechma — l’eau y est translucide. À midi, arrête-toi aux Grottes merveilleuses : la lumière passe sous la voûte, l’eau devient bleu électrique. Prends un café à Ziama, terrasse face aux flots. Le soir, dîne à la terrasse du Bouyala : rouget grillé, sauce chermoula, la mer qui vire noire au bord des étoiles.