La presqu'île où tout a basculé un matin de juin 1830. Aujourd'hui port de plaisance, plages familiales, mouettes, brise du couchant. La grande histoire dort sous les parasols.
Le 14 juin 1830, 37 000 soldats français débarquent ici sur ordre de Charles X, prétexte : venger le « coup d'éventail » du dey Hussein contre le consul Deval trois ans plus tôt. Trois semaines plus tard, Alger tombe. 132 ans plus tard, l'Indépendance. Frantz Fanon écrit dans « L'An V de la révolution algérienne » : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l'accomplir ou la trahir. » Sidi Fredj porte en silence ce double poids.Viens un vendredi soir de printemps quand les familles pique-niquent sur la corniche, les enfants font des ricochets, le vent salé rabat les nappes. Marche le long du port de plaisance jusqu'au petit fortin, monte sur la digue, regarde le soleil tomber derrière la baie d'Alger. Retour par les petites gargotes du front de mer : sardines grillées, harissa, semoule d'orge, thé à la menthe. Simple, bon, algérois.