Sur le Rocher, un palais que le dernier bey s'est offert avant que tout ne bascule. Faïences bleues, orangers dans le patio, fresques du pèlerinage. L'ombre longue d'un monde qui s'achève.
Hadj Ahmed Bey fait bâtir ce palais entre 1826 et 1835 : marbre de Carrare, faïences italiennes, colonnes chipées un peu partout en Régence. Il n'y vivra que deux ans avant la prise française de 1837. Sur les murs, un peintre anonyme a fixé pour toujours le pèlerinage du bey à La Mecque : caravanes, ports, mosquées, dernier voyage d'un pouvoir qui vacille.Pousse la porte à l'ouverture, avant les groupes : les patios sont vides, les orangers sentent la fleur, et la lumière rase tombe sur les mosaïques. Assieds-toi contre une colonne dans la cour des jasmins, écoute la fontaine. À la sortie, remonte la rue Larbi Ben M'hidi jusqu'à un café de la vieille ville, commande un qahwa mhalba.