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Portrait de Cheikh Bouamama

Photo : Wikimedia Commons / Wikipedia fr — résistant Algérien

Cheikh Bouamama

Chef spirituel et militaire des tribus du Sud-Ouest algérien, Cheikh Bouamama a mené contre l'armée française une insurrection sahérienne de près de trente ans, refusant toujours la soumission.

1833
Annee de naissance
Figuig / Aïn Chair
Algérie / Maroc
Sud-Ouest algérien (Figuig / Moghrar Tahtani)
Region d'origine
4
Lectures
Le portrait

Trajectoire

Le fils du désert

Mohamed Ben Larbi Ben Sidi Cheikh, dit Cheikh Bouamama, naît vers 1833 dans la région de Figuig, à la lisière du Sud-Ouest algérien et du Maroc oriental. Issu de la confrérie des Ouled Sidi Cheikh, l'une des plus puissantes du Sahara occidental, il grandit dans un monde de nomades chameliers, de zaouïas et de longues caravanes. Après une éducation religieuse rigoureuse dans la zaouïa d'El Abiod Sidi Cheikh, il devient marabout et chef spirituel de sa tribu à la mort de son père.

Le contexte : la conquête inachevée

Un demi-siècle après la reddition de l'Émir Abdelkader en 1847, l'armée française sous les héritiers de Bugeaud et de Lyautey progresse dans les confins sahariens. Les tribus du Sud-Oranais, écrasées d'impôts, expropriées de leurs terres de parcours par la loi Warnier, réduites en indigénat, entrent en fusillade sourde avec le colonisateur. En 1881, la tension éclate. Bouamama, respecté pour sa piété et son sens du commandement, se retrouve porté à la tête d'une insurrection qui embrase le Sud-Oranais.

L'insurrection de 1881

Le 20 avril 1881, à Aïn Ouarka, ses cavaliers écrasent une colonne française. En quelques mois, la révolte gagne toute la région, de Géryville à Saïda. Il détruit convois, chantiers d'alfa, postes militaires. La France mobilise plus de dix mille hommes, mène des « razzias » réciproques, use de la politique de la terre brûlée. Bouamama se replie stratégiquement vers les hauts plateaux marocains, imposant à l'armée coloniale une guerre d'usure de longue durée qui va durer près de trois décennies.

« Ma zaouïa restera ouverte tant qu'un chameau pourra y boire, et ma tribu restera libre tant qu'un fusil pourra tirer. »
— Cheikh Bouamama, transmis par la tradition orale saharienne

La résistance nomade

Traqué mais insaisissable, il utilise à merveille la géographie du désert : sources, ergs, montagnes. Il refuse toutes les offres d'amnistie et de soumission adressées par les gouverneurs successifs, dont Jules Cambon. Sa longue guérilla saharienne inspire durablement les tribus voisines et retarde de trente ans la « pacification » complète du Sud-Ouest. Lyautey, futur résident général au Maroc, s'en inspirera pour ses propres théories de conquête douce.

La mort en exil

Vieilli, épuisé, il meurt en octobre 1908 à Aïn Chaïr, dans le Sud marocain, sans avoir jamais serré la main d'un général français. Sa tombe deviendra un lieu de pèlerinage pour les Sahariens. Longtemps éclipsé par les grandes figures nordistes, il retrouvera sa place dans le récit national algérien après 1962 : celle d'un homme du désert qui a incarné pendant près de trente ans la résistance non pas armée seulement, mais spirituelle et culturelle, à la colonisation.

Le fils du désertMohamed Ben Larbi Ben Sidi Cheikh, dit Cheikh Bouamama, naît vers 1833 dans la région de Figuig, à la lisière du Sud-Ouest algérien et du Maroc oriental.

Cheikh Bouamama

Realisations

Ce qui l'a marque

1

Chef spirituel des Ouled Sidi Cheikh, tribu majeure du Sud-Oranais

2

Déclenchement de l'insurrection de 1881 contre l'armée française

3

Victoire d'Aïn Ouarka le 20 avril 1881 sur une colonne coloniale

4

Résistance armée continue de près de trois décennies (1881-1908)

5

Refus constant de la reddition et de toute amnistie coloniale

6

Mort en exil à Aïn Chaïr en octobre 1908

Ma zaouïa restera ouverte tant qu'un chameau pourra y boire, et ma tribu restera libre tant qu'un fusil pourra tirer.

— Cheikh Bouamama