Bab El Oued, l enfance du rythme
Sofia Boutella nait le 3 avril 1982 a Alger, dans le quartier populaire de Bab El Oued. Son pere, Safy Boutella, est l un des jazzmen et compositeurs les plus reputes d Algerie, connu notamment pour son travail sur l album Kutche avec Cheb Khaled. Sa mere est architecte. Elle grandit dans un foyer traverse par la musique et l art, et debute la gymnastique rythmique a cinq ans avant d integrer la selection nationale algerienne.
L exil de 1992
En 1992, alors que la decennie noire commence a s abattre sur l Algerie et que Bab El Oued devient l un des quartiers les plus tendus d Alger, la famille Boutella quitte le pays pour s installer en France. Sofia a dix ans. Elle poursuit la gymnastique puis se tourne vers la danse contemporaine et le hip-hop.
Les annees Nike et Madonna
Reperee au debut des annees 2000, elle devient l une des danseuses vedettes des campagnes mondiales Nike Women. En 2004, elle rejoint la troupe de Madonna pour la Confessions Tour puis pour la Sticky and Sweet Tour, ce qui la fait connaitre a un public planetaire. Elle danse aussi pour Michael Jackson dans les repetitions de This Is It, et apparait dans les clips de Rihanna et Chris Brown.
Je viens d Alger. J y suis nee, j y ai appris a bouger. Ce quartier vit encore en moi.
Hollywood
Son premier grand role au cinema arrive en 2014 avec Streetdance 2. Mais c est en 2015 que Matthew Vaughn la choisit pour incarner Gazelle dans Kingsman : Services secrets, la tueuse aux lames en guise de jambes. Le succes est mondial. Elle enchaine avec Star Trek Beyond en 2016 puis avec le role-titre de La Momie face a Tom Cruise en 2017, ou elle incarne la princesse Ahmanet.
Suivent Atomic Blonde, Climax de Gaspar Noe (2018) qui lui vaut une reconnaissance critique majeure, Le Fils, Prisoners of the Ghostland aux cotes de Nicolas Cage, puis Rebel Moon de Zack Snyder pour Netflix en 2023 et 2024, ou elle porte le film en tant qu heroine principale.
Une algerienne assumee a Hollywood
Sofia Boutella n a jamais dissimule ses racines. Elle parle darija dans plusieurs interviews, revient regulierement a Alger, evoque Bab El Oued dans ses discours de festivals et affiche le drapeau algerien sur ses reseaux. Pour une generation de jeunes filles algeriennes de la diaspora, elle est la preuve qu il est possible de passer de la salle de gym municipale d Alger a l affiche de Hollywood sans se renier.